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domingo, 16 de março de 2014

sábado, 19 de fevereiro de 2011

quarta-feira, 20 de maio de 2009

Ok.

Após 15 minutos o filme deixa de ser um policial alucinado de Samuel Fuller para ser como que tomado por um lirismo livre de inquietações e perturbações, alcançado apenas raramente nas obras precedentes (alguns momentos isolados e esparsos de O Barão de Arizona, Tormenta Sob os Mares, Casa de Bambu, isso quer dizer em meio ao romanesco enlevado do primeiro, a aceitação do sofrimento no segundo e a violência constante do terceiro). Há aqui uma delicadeza de toque, uma poesia insuflada que nunca havia visto antes, ou pelo menos com tal intensidade, no cinema de Fuller - se em algum lugar, talvez em Mizoguchi ou em Losey (uma boa idéia do que é o filme pode ser dada ao se imaginar um cruzamento entre Chikamatsu monogatari e Blind Date). Há um romantismo insólito, raro, e mesmo um desespero romântico que de alguma maneira encontra-se perfeitamente em casa num "filme de Samuel Fuller".

É também a perfeição absoluta da câmera persecutória, talvez o seu ponto de culminação (nem mesmo Não Toque no Machado e Sob o Signo de Capricórnio superam-no nesse quesito), o que por fim implica dizer que se trata de uma das decupagens mais sofisticadas da história do cinema; uma elegância, uma arte perfeitamente consumada, arriscaria mesmo dizer equilibrada e proporcional se a lembrança do nome Samuel Fuller não estivesse à espreita - e mesmo assim sou obrigado não apenas a arriscar como afirmar categoricamente que se trata exatamente disso.

Resumindo: um dos três, talvez dois melhores filmes que vi neste ano.

quarta-feira, 26 de novembro de 2008

quinta-feira, 11 de maio de 2006

quarta-feira, 8 de março de 2006

La Maison de bambou (2)

par Louis SKORECKI

CINéCINéMA CLASSIC, 17 h 10.

On disait que Fuller aimait l'Orient. La Chine, le Japon, les bouddhas, les geishas, il ne s'en lassait pas. Ecouter Nat King Cole chanter China Gate, accompagné par mille violons hollywoodiens, sur une musique de Victor Young et des paroles de Samuel Fuller. Les violons ont toujours raison. La Maison de bambou, c'est encore mieux que China Gate. Mieux que J'ai vécu l'enfer de Corée, Fixed Bayonnets, Crimson Kimono, Merrill's Marauders, tous les films orientaux de Fuller. La Maison de bambou a des éruptions de violence qu'on n'a jamais vues ailleurs, et qu'on n'a jamais vues depuis, ni chez Tarantino, ni chez Woo, vulgaires maîtres de ballets ou simples réalisateurs de clips longue durée. Fuller infiltre ses scénarios. Il y glisse des mouchards, des flics, des traîtres. Le traître s'appelle ici Robert Stack. Trois ou quatre ans après la Maison de bambou (1955), tout le monde regardera les Incorruptibles à la télévision, l'une de ces séries fondatrices qui marque le passage du cinéma à la télé (en 35 mm, et filmé par de bons artisans du vieil Hollywood). Robert Stack y est le flic intègre, l'intouchable.

Pour le moment, il se contente de trahir le truand qui l'aime d'amour. Lisez dans les marges de l'histoire, vous verrez ça. Cet amour est fragile, aussi transparent que les cloisons de papier que Fuller démolit avec une joie d'enfant survolté. Robert Stack en flic infiltré, Robert Ryan en truand, si vous avez un meilleur casting en magasin, je suis preneur. Même le couple Edmond O'Brien-James Cagney dans L'enfer est à lui est moins efficace. Moins lyrique, moins glamour. Trahir, c'est son truc, à Fuller. Dès son premier film, J'ai tué Jesse James, il met ses pas dans ceux de Bob Ford, le bandit qui tue Jesse James dans le dos. «Je regrette ce que j'ai fait à Jesse. Je l'aimais», dira Bob Ford en mourant. Stack aimait aussi Ryan. Ou est-ce le contraire ?

segunda-feira, 6 de março de 2006

La Maison de bambou

CINéCINéMA CLASSIC, 8 h 40.

par Louis SKORECKI

J'ai eu la chance de rendre souvent visite à Samuel Fuller, quand il était encore vif et drôle, dans sa villa des hauteurs hollywoodiennes truffée de mannequins militaires et de tableaux noirs en guise de storyboards. Entre 1963 et 1965, j'ai bien dû enregistrer vingt-quatre heures de conversations avec lui. L'essentiel se trouve dans deux numéros de Présence du cinéma, de loin la meilleure revue de cinéma au monde. Les Cahiers n'ont rien eu. Je me souviens d'avoir piqué une tête dans sa piscine avec l'ami Daney, l'année où il mettait ses pas dans les miens à la recherche de sensations fortes. Quelques jours plus tôt, on s'était promenés autour de la piscine de cette folle de Cukor, entouré de toutes ses copines, plus hystériques les unes que les autres. Il m'avait tendu l'une de ses chemises en se pinçant le nez, et j'avais dû l'enfiler. J'étais rouge de honte. Il faut dire que je sentais mauvais. Monter et descendre les collines de Beverly Hills à la recherche d'une maison de milliardaire (Daney n'a jamais conduit, moi non plus), ça ferait suer n'importe qui.

Fuller et l'Orient, c'est une belle histoire d'amour. Il adorait la Chine, le Japon, les geishas, les temples, les bouddhas. J'ai encore un 45 tours signé de sa main («To my friend Louis, the new wave in journalism»), sur lequel Nat King Cole chante la chanson générique de China Gate. La Maison de bambou, c'est mieux que China Gate. De tous ses films orientaux (Fixed Bayonnets, J'ai vécu l'enfer de Corée, The Crimson Kimono, Merrill's Marauders), la Maison de bambou est le plus beau. Le film a de ces accélérations, de ces éruptions de pure violence qu'on n'a jamais vues ailleurs. Fuller est unique jusque dans la manière dont il infiltre ses scénarios. Il y glisse des mouchards, des flics, des traîtres. Ici, le traître s'appelle Robert Stack. Oui, oui, l'incorruptible.

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