segunda-feira, 29 de dezembro de 2008
No vídeo abaixo, entre 0:02:24 e 0:02:26.
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Dans votre mise en scène, vous cultivez aussi l'aléatoire et l'accidentel ?
La dimension documentaire des films m'intéresse beaucoup. J'aime bien saisir des choses qui viennent de la réalité à l'intérieur d'un plan. Mais il n'y a aucune prétention à vouloir montrer de "l'arraché" à la réalité. Dans le recueil de mes chroniques des Cahiers, Poétique des auteurs (Cahiers du cinéma, 1988), il y a un article que j'ai intitulé Le Papillon de Griffith, à propos du Rayon vert de Rohmer. C'est un cinéma dans lequel le passage d'un papillon dans un plan appartient à la nature du plan et renforce l'impression de réalité. Beaucoup de cinéastes attendraient que le papillon passe pour faire jouer les acteurs, parce qu'ils considèrent que le papillon distrairait le spectateur de l'action dramatique. Alors que chez Rohmer, tout demande que le plan soit habité par les choses de la réalité. Chez Resnais, Sternberg ou Visconti, un papillon ne peut pas passer. Chez Kubrick non plus, interdit de papillon ! Chez les Straub, Ford, Walsh, Naruse ou Rivette, le papillon peut passer. Le papillon ne peut passer que chez les cinéastes où il y a de la contemplation du monde.
Jean-Claude Biette
Les Deux Cavaliers
TPS Cinéclub, 23 h 50.
par Louis SKORECKI
A force d'aimer James Stewart, on en oublie Richard Widmark. Pas John Ford, un homme qui parlait peu, mais aimait écouter les acteurs. Le vieux Ford ne s'en lassait pas. C'est uniquement pour ça, pour écouter James Stewart et Richard Widmark parler doucement ensemble, qu'il a fait les Deux Cavaliers, un horse movie mélancolique aux belles couleurs d'automne. Vous vous demandez ce qu'est un horse movie ? Juste un truc du passé, on n'en fait plus depuis 1960, depuis les Deux Cavaliers exactement. Qu'est-ce que ça racontait ? L'histoire de deux hommes à cheval, deux hommes qui chevauchaient ensemble (Two Rode Together), le plus souvent sans dire un mot. Quand ils parlaient, on avait l'impression que le cinéma, le cinéma parlant, s'inventait au rythme de leur chevauchée, une chevauchée tranquille, intime, privée. Ça manque, les horse movies.
1960, c'est moins bien que 1958 (l'année du tournage de Rio Bravo), mais ce n'est pas mal quand même. Il s'y passe des choses importantes, des choses qui sortent de la bouche des hommes. Pour les femmes (Shirley Jones, Linda Cristal), ça ne sort pas de la bouche mais du corps tout entier. Ce sont de jolies silhouettes de femmes, elles font bien sur la cheminée, à l'heure du bilan, à l'heure des trophées. Il était comme ça, Ford. Il aimait les femmes plutôt silencieuses, à la cuisine ou sur la cheminée. Pas trop bavardes si possible. La seule femme que Ford laissait parler, c'était la sienne. C'était un homme juste, silencieux, large d'idées. Ce qu'il aimait chez Richard Widmark, c'était sa bonté tranquille, qui contrastait tant avec l'honnêteté fabriquée de James Stewart. Il les laissait parler des heures, juste pour les écouter. Au bord de la rivière, par exemple, juste pour voir si les mots coulaient plus vite que l'eau. S'il n'était pas mort, James Stewart aurait 97 ans. Richard Widmark en a 91. Il était meilleur acteur. Il est toujours meilleur acteur. Les vivants ont toujours raison.
domingo, 28 de dezembro de 2008
Les Amants du Capricorne
Cinécinéma Classic, 20 h 45
Par Louis SKORECKI
Qu'est-ce qu'on peut dire de ce Hitchcock ? Qui veut parler ? Oui, Rebecca ? J'ai un problème avec les costumes, c'est un peu trop amidonné pour moi, monsieur. Mais c'est comme l'amour, mon enfant. Ah non, monsieur, l'amour c'est souple et humide, ça sent l'herbe coupée et le foin. C'est ça l'amour pour toi, Rebecca ? Tu es très lady Chatterley. Ah, monsieur, j'ai revu le film dix fois, il me rend chose, cet homme des bois. Il est juste gentil, Rebecca. Peut-être même un peu pédé, non ?
Laissez-moi mes rêves de Ferran, mes rêves d'homme parfait, monsieur, les héros hitchcockiens sont trop brutaux pour moi, ce sont des salauds, des violeurs. Tu n'as pas tort, dit le maître. C'est comme Brisseau, dit Rebecca, il me fait peur. J'aime mieux Burdineau ou Bégaudeau, ils sont mignons. Ils sont cons comme des bites, oui, dit le professeur. Si tu veux un jeune, vas voir Olivier Joyard, il t'expliquera. En plus, il est royal sur les séries télé. C'est le beau gosse de Canal +, c'est Laurent Weil ?, demande Rebecca. C'est lui, c'est lui ? Weil, c'est Weil, petite cruche, et Joyard, c'est Joyard, dit le maître. Regarde deux fois les Amants du Capricorne, c'est le dernier Hitchcock avec Ingrid Bergman. Elle est effleurée, caressée, aimée. Rossellini, qui la récupère quelques mois plus tard pour l'anorexique Stromboli, ne la traitera pas aussi bien. Personne ne la traitera aussi bien.
(A suivre)
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Les Amants du Capricorne (2)
Cinécinéma Classic, 9 h 50.
Par Louis SKORECKI
Qu'est-ce qu'on peut dire de ce Hitchcock ? Oui ? Encore toi, Rebecca ? Ça tombe bien, tu sais ce que dit Lourcelles ? Non, monsieur. Eh bien, il situe les Amants du Capricorne à la croisée inspirationelle de Rebecca et de Vertigo, ça ne te trouble pas ?
N'en dites pas plus, monsieur, je défaille. Elle a ses vapeurs, m'sieur. Elle s'évanouit, maître, regardez. Elle mouille, elle mouille. OK, vous êtes tous consignés. Huit jours au pain et à l'eau. Vous ne pouvez pas faire ça, monsieur, on n'est plus au XIXe siècle ! Vous, non, moi oui, bande d'abrutis. Je change d'avis si quelqu'un me donne le pitch du film. Rebecca ? Un homme et une femme, en Australie, en 1831 ; ils ont oublié qu'ils s'aimaient. Je veux dire qu'ils s'aiment mais qu'ils ne le savent pas. Excellent, Rebecca. Et les acteurs ?
Ingrid Bergman, à moitié folle, empoisonnée par sa gouvernante jalouse, et Joseph Cotten. Qui sait qui est Cotten ? Moi, je sais, monsieur. Oui, Cary James, vas-y. C'est l'acteur fétiche de Welles, c'est ça ? Exact. Et le scénario ? Personne ne sait ? C'est Hume Cronyn qui a écrit ce mélo d'amour. Qui est Cronyn ? Personne ? C'est un acteur et scénariste (Hitchcock, Mankiewicz), un génie tordu. Pourquoi, tordu, monsieur ? Il était difforme. Le Quasimodo hitchcockien, quoi. Il a écrit la Corde, joué dans quelques Hitchcock présente. Il a aussi un beau rôle dans Cléopâtre et dans Cocoon.
(A suivre)
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Les Amants du Capricorne (3)
Cinécinéma Classic, 15 h 20.
Par Louis SKORECKI
Qu'est-ce qu'on peut dire encore de ce très beau Hitchcock ? Rebecca ? Encore toi ? C'est mon fétiche, monsieur. Ton quoi ? Mon fétiche d'amour, si vous préférez. Et un fétiche, on sait tout de lui. Tu sais quoi, alors ? Les Amants du Capricorne se situent thématiquement entre Rebecca et Vertigo. Et encore ? C'est l'histoire d'un homme et d'une femme, en Australie, en 1831, qui ont oublié qu'ils s'aimaient. Pas mal, Rebecca. Tu peux en dire plus ? lls s'aiment mais il faut que le malheur leur tombe dessus pour que cet amour renaisse. Excellent, Rebecca. Et les acteurs ? Ingrid Bergman, rendue à moitié folle par le manque d'amour et le poison. Quel poison ? Celui qu'une gouvernante lui verse. Pourquoi ? Elle est jalouse. Pourquoi ? Elle aime en secret le mari d'Ingrid Bergman. Qui est ? Joseph Cotten. Non, son personnage ? Un ancien bagnard réhabilité. Et le scénario ? Personne ne sait ? Je sais moi, monsieur. Encore toi Rebecca. OK, shoot. C'est Hume Cronyn, monsieur. Qui ? Raconte un peu. C'est un acteur et un scénariste (Hitchcock, Mankiewicz). Quoi encore ? Un peu difforme, je crois. C'est ça, c'est le Quasimodo hitchcockien. Et il a écrit quoi ? La Corde, monsieur. Dans quoi a-t-il joué ? Cléopâtre. Lequel ? Celui de Mankiewicz, monsieur. Et aussi des Alfred Hitchcock présente. Bravo les enfants.
sábado, 27 de dezembro de 2008
Outra dica preciosa do Francis.
A melhor explicação possível sobre a ruindade de filmes como os de Desplechin.
sexta-feira, 26 de dezembro de 2008
terça-feira, 23 de dezembro de 2008
segunda-feira, 22 de dezembro de 2008
sexta-feira, 19 de dezembro de 2008
Morte à crítica indie (= neófita).
E não, não estou falando de Michel Melamed. Esse merece sorte muito pior.
Impossível apresentar mesmo que o menor indício de objetivos quando já não se tem um objeto.
E é exatamente esse o caso da crítica de cinema feita no Brasil hoje.
quinta-feira, 18 de dezembro de 2008
Perfeito.
Com uma ressalva: um país de telenovela que ainda assim é capaz de acolher um talento como o de Pedro Costa está um tanto quanto a milhas de distância de um que permite acima de tudo tranqueiras como as de Cocô Diégua.
quarta-feira, 17 de dezembro de 2008
terça-feira, 16 de dezembro de 2008
segunda-feira, 15 de dezembro de 2008
sábado, 13 de dezembro de 2008
quinta-feira, 11 de dezembro de 2008
quarta-feira, 10 de dezembro de 2008
Jacques LOURCELLES
Présence du Cinéma n° 24-25, outono 1967
O que esses filmes mostram - como nos mostraram nos últimos anos Coisas Secretas, O Princípio da Incerteza, O Sonho de Cassandra, A Hora da Religião, Os Náufragos da D-17, Os Indigentes do Bom Deus e Terra dos Mortos - é que um cinema que se quer profundamente enraizado no contemporâneo sem acabar enredado pelos artifícios da complacência (i.e. Demonlover), do conformismo (i.e. I'm Not There) ou da demagogia (i.e. A Hora do Show, Plano Perfeito, Os Infiltrados), é antes de mais nada e acima de tudo um cinema virulentamente contemporâneo.
« (...) Pour lui, la bonne société est un repaire de crapules et d'infâmes hypocrites, alors que les bas-fonds peuvent receler, à l'occasion, d'immenses trésors d'indépendance, d'honnêteté, d'audace et de courage à proclamer la vérité. Ce qui équivaut à remplacer l'ancien schématisme par un schématisme beaucoup plus virulent (en tant que schématisme), beaucoup plus contraignant et étouffant pour les personnages, et qui devient aussi le cadre idéalement propice à l'exaltation de leur dégoût et de leur haine du monde qui les estoure. »
Jacques Lourcelles sobre Samuel Fuller
Journal de 1966 in Présence du Cinéma n° 24-25, outono 1967
segunda-feira, 8 de dezembro de 2008
domingo, 7 de dezembro de 2008
sábado, 6 de dezembro de 2008
Já havia esquecido que os anos 90 foram tão horrorosos.
Em retrospecto, é bem possível que as boutades dos Coen tenham influenciado de forma muito mais nefasta os filmes da década passada que qualquer Pulp Fiction.
Além de ser um cinema verdadeiramente acadêmico - a meio caminho dos filmes que Huston fez nos anos 50 e Hellzapoppin'. Ou seja: mão-pesada e demonstração.
sexta-feira, 5 de dezembro de 2008
quinta-feira, 4 de dezembro de 2008
quarta-feira, 3 de dezembro de 2008
« ... Faire un film, par contre, n'est pas une élucidation, c'est plutôt faire vivre des sensations inconscientes, informulées. Et les mettre en relation pour que ça crée du sens. Chaque séquence est un univers momentané et cet assemblage d'univers momentanés doit créer une temporalité qui dit quelque chose. »
Jean-Claude Biette
terça-feira, 2 de dezembro de 2008
A. Einstein
Continuando...
Mundos de diferença, e à parte: filmes onde tudo é meditação, presença, respiração, imanência (Herzog); onde tudo é força, intensidade, paixão, vertigem (Fassbinder); filmes onde tudo por sua vez é encenado, onde a vastidão do que nos é apresentado não dá lugar a uma matéria dispersa mas sim a uma organização sintética e concreta dos eventos relatados, onde as oscilações existem sem no entanto desequilibrar uma construção compacta, a única possível - uma construção que crava uma série de existências frágeis e passageiras numa eternidade que, como todo valor absoluto, cresce com o tempo e sobrevive a todas as mudanças.
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Numa outra fita, Un homme, un vrai. Outra revisão, desta vez apenas para poder chegar num filme definitivamente mais importante (La Rupture, Chabrol, '70 - boa safra).
É aqui que continuo o que falei em outro post sobre cineastas que fazem pouco mais que publicidade de roteiro, absolutamente incapazes de ascender à realização, e menos ainda à mise en scène.
Esse filme é algum tipo de epítome, possivelmente até uma data. De Michel Piccoli ao pulôver vermelho de Hélène Fillières, todos os planos anunciam algo - signos roteirísticos, idéias de composição, terraços em praias paradisíacas ideais para uma cena de briga conjugal, passeios por sítios ideais para a prática do turismo frívolo and so on and so forth (a recorrência da palavra "ideal" é espontânea porque inevitável - tudo é idéia, nada é concreto). Em momento algum essa quantidade abusiva de material chega a ser de fato encenada, visto que qualquer trabalho nessa direção exigiria dos cineastas uma capacidade em algum grau existente de conduzir a presença decorativa dos signos às suas descrições por uma matéria capaz de acolhê-los. Para tanto, os Larrieu evidentemente precisariam ser capazes de encenar - o que implica abreviar, selecionar, controlar, sintetizar; em suma, confrontar a lacuna na página do roteiro com algo concreto e portanto existente, e que tanto no caso de uma existência prévia como no de uma existência posterior (nem que apenas pelo intermédio de uma vida pelicular) determina em algum sentido uma sujeição da forma à substância que ela abriga.
Como se não bastasse, é um filme extremamente conservador e pudico - basta compará-lo a qualquer Blake Edwards para perceber o quanto. Mas insisto, nada surpreendente: são características que podemos atribuir a toda a publicidade que nos chega.
Clint Eastwood
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