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segunda-feira, 31 de agosto de 2015

Union Pacific

CINECINEMA CLASSIC, 16 h 30

Par Louis SKORECKI

Entre Cecil B. DeMille et moi, il y a un pacte d'amour. Comme avec Lang, Dwan, Walsh. Je ne crois pas à la fiction d'un DeMille pyrotechnicien ou régisseur de spectacles filmés. Ni ses péplums, ni ses mélos historiques, ni ses délires bibliques ne relèvent du show-biz. C'est un moraliste, un primitif griffithien, un point c'est tout. Remonter à DeMille, c'est remonter à la source du cinéma, ce Nil naïf dont on a perdu la trace depuis longtemps. Erudition racée, sens inné du cinéma frontal et populaire (mais jamais populiste), longue fréquentation de la grande déception monochrome, celle qui fait le charme de l'art d'usine hollywoodien hélas enfui.

Tu parles de moi ?, dit une petite voix. Qui êtes-vous ?, je dis. Je suis DeMille, dit la voix. Moi, c'est Skorecki, je réponds. Et votre petit nom ?, demande Cecil. Louis, je dis. Que pensez-vous d'Union Pacific? C'est du niveau de votre meilleur film, l'Odyssée du docteur Wassell, je dis. Je pense qu'entre 1936 (Une aventure de Buffalo Bill) et 1946 (Unconquered), vous avez fait vos meilleurs films. De quand date Union Pacific?, dit DeMille, j'ai oublié. 1939, je réponds; et avec Joel McCrea, l'un de mes acteurs préférés. Je l'aime moi aussi, dit DeMille. Je l'avais d'ailleurs dirigé dès 1929, dans Dynamite. Saviez-vous que Joel McCrea avait tourné avec Allan Dwan, Raoul Walsh, Howard Hawks, Edward Ludwig, Preston Sturges, Jacques Tourneur ?, je dis. Pas mal, répond DeMille.

quinta-feira, 12 de fevereiro de 2009

sábado, 11 de outubro de 2008

TCM

Cleópatra, DeMille, amanhã, 16:30 (para quem tem tecla SAP).

quinta-feira, 4 de outubro de 2007

O filme histórico e a noção de espetáculo

« ... S'il y a une formule DeMille dans les films historiques qui débutèrent avec Joan the Woman, elle est très simple: raconter une passionante histoire personelle sur la toile de fond de grands evénements historiques. L'intrigue confère à ces événements un sens plus vivant que ce que la plupart des spectateurs ont trouvé dans leurs manuels d'histoire. Et la toile de fond historique élargit la signification de l'intrigue personelle, en même temps qu'elle permet d'utiliser les pleines ressources de la caméra en matière de spectacle. Mais c'est l'intrigue qui compte le plus. La construction dramatique constitue la charpente d'acier qui soutient l'édifice. Tout le reste - spectacle, vedettes, effets spéciaux, costumes, musique - est ornement. »

segunda-feira, 1 de outubro de 2007

« ... DeMille exploita pleinement une idée qui lui était chère, celle du "télescopage historique". Il pensait que dans la construction d’un film historique, ce n’est pas l’exactitude de la chronologie qui importe, mais la signification des évènements. Dans la main du dramaturge, l’Histoire n’est pas une fin en soi, mais seulement le plus solide, le plus concret des matériaux. »

sábado, 10 de dezembro de 2005

Une aventure de Buffalo Bill

Par Louis SKORECKI — 9 novembre 2005 à 04:28

Cinécinéma classic, 12 h 15.

Il fait vraiment chier ce Bruno, avait dit Jacques. Il n'en pouvait plus, la jalousie le dévorait. Caroline, offusquée par tant de familiarité, avait pâli. On voyait qu'elle serrait les dents. C'est monsieur Bruno, d'abord, lui avais-je dit en le regardant droit dans les yeux. Il est mort de toute façon, avait dit Jacques, qu'est-ce que ça change ? Ça change tout, avait dit Caroline en relevant la tête. Tristes et furieux, on l'avait planté là. Dans ces cas-là, cons qu'on est, on va au cinéma. Et si on allait voir Une aventure de Buffalo Bill, a proposé Caroline, il passe au Classik, ce vieux cinéma qui fait dancing le week-end. On est là, devant la façade en stuc, en train de faire du surplace. Elle ne bouge pas, la queue, dit Caroline, ça me met dans tous mes états. Je ne réponds pas. Tu penses à quoi ?, me demande-t-elle, à DeMille ou à monsieur Bruno ? Aux deux, je dis, il saurait parler d'Une aventure de Buffalo Bill mieux que n'importe lequel d'entre nous. Elle me demande s'il aimait DeMille. Tu veux rire, je réponds, il l'adorait. Il pensait que c'était l'un des plus grands cinéastes américains, l'égal de Griffith, de Walsh, de Tourneur. A ce point ?, dit Caroline. Oui, c'était à la fois un grand primitif et un seigneur, je dis. Monsieur Bruno ou DeMille ?, demande-t-elle. Les deux, je dis. Le silence s'installe.

A la sortie du Buffalo Bill de DeMille, on est littéralement muets. Le film ne parle pas beaucoup, nous non plus. Qu'en aurait pensé monsieur Bruno ?, demande Caroline. On essaye de l'imaginer, il arrive, il est là. C'est un documentaire sur Gary Cooper, dit-il. Il est beau comme un dieu, répond Caroline, et il le sait. Ce n'est pas ça, aurait dit monsieur Bruno, c'est un timide, une biche, presque un inverti. Tout ce que j'aime, se serait écrié Caroline. Dommage qu'il ne soit pas là.

Louis SKORECKI

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